L'HISTOIRE AU SERVICE DE NOTRE AVENIR

Comme chaque 8 mai, j’ai une pensée un peu plus particulière pour celles et ceux qui se sont battus pour que nous soyons libres. Celles et ceux qui ont ouvert le chemin de l’émancipation, de la solidarité et de la fraternité. Ce combat ne relève pas du passé. Il nous engage encore aujourd’hui.

C’est dans cet esprit que s’inscrit ce travail de mémoire sur la CGT de l’AIA.  Mais la mémoire n’a de sens que si elle circule, si elle se partage et si elle sert. Il ne s’agit pas de figer le passé, mais de le rendre utile pour comprendre d’où l’on vient, éviter de commettre les mêmes erreurs mais surtout pour éclairer les combats d’aujourd’hui. Le récit de notre histoire du début du 20e siècle aux années 90 n’est pas parfait mais c’est un guide fiable pour comprendre que la résignation n’aboutit jamais nulle part.

 


L’histoire au service de notre jeunesse et de notre avenir militant.

Ce livre est aujourd’hui offert à chacun de nos adhérents du syndicat CGT du site de l’AIA de Clermont-Ferrand.
Il est également vendu 20€ par notre syndicat. Les bénéfices de cette vente sont reversés sur le compte du collectif « jeunes » du syndicat pour leurs initiatives.

 


Extrait de la préface réalisée par Philippe Martinez :

« Rappeler notre passé n’est ni de la nostalgie ni du passéisme. Il permet de mieux se protéger dans l’avenir, en renforçant nos valeurs antifascistes et internationalistes. Ce devoir de mémoire est essentiel pour ne pas revivre ce terrible passé. »

 


L’AIA dans la tourmente : produire sous contrainte, résister en conscience

Pendant l’occupation, l’AIA de Clermont-Ferrand devient un site stratégique. L’outil de travail est détourné au service de la machine de guerre allemande.

Dans ce contexte, les travailleurs ne restent pas passifs.

Deux réalités coexistent. La production est imposée sous la contrainte des nazis pendant que la résistance s’organise de l’intérieur. Malgré la surveillance et les risques, des salariés s’organisent en ralentissant la production, en sabotant, en transmettant des infos et en structurant leur réseau. Certains attendent, d’autres agissent pour accélérer la fin de l’occupation.

 


Une CGT clandestine mais active

Officiellement dissoute, la CGT continue pourtant d’exister. Elle s’adapte et agit dans l’ombre par le maintien du lien entre les travailleurs, la diffusion de tracts et sa participation active à la Résistance. Cette période montre une réalité essentielle : le syndicat est aussi un outil de résistance politique. 

Antoine Boille, chaudronnier et premier secrétaire de la CGT AIA alors clandestine, joua un rôle central. Il recruta des salariés pour la résistance et coordonna leurs actions.

Arrêté en 1944, il est torturé puis assassiné. Son parcours rappelle une réalité brutale : militer pouvait coûter la vie.

Germain Voisset fut lui aussi au cœur de la propagande clandestine : impression et diffusion de tracts, structuration de réseaux et participation à des actions de sabotage.

Arrêté, emprisonné puis déporté à Dachau, il survivra et poursuivra son engagement syndical pendant des décennies.

Antoine et Germain n’étaient pas des cas isolés mais ils ont été moteur de la résistance dans le 63. Ils faisaient partie d’un bastion de militantes et militants, de combattants, engagés dans les usines, dans les réseaux clandestins, dans les maquis, en zone libre comme en zone occupée. C’est cette dimension collective qui donne toute sa force à notre histoire. 

Toutes et tous ont pris des risques considérables, souvent au péril de leur vie, et de celle de leurs proches.

 


Un héritage pour aujourd’hui

La Résistance, ce n’est pas seulement des actions spectaculaires. C’était surtout une accumulation d’actions militantes par le refus des consignes, ralentissement de la production. Ces hommes et ses femmes ont risqué leur vie pour cacher, aider, transmettre, imprimer et diffuser l’information de la résistance.

C’est cette organisation collective, souvent invisible, qui leur a permis de tenir et de gagner notre liberté face à l’occupation allemande.

Ce livre vise à transmettre des repères, relier passé et présent et renforcer une culture commune mais il ouvre, selon moi, également une interrogation : Qu’est-ce qu’on fait de cet héritage ?

Les formes changent, mais certaines logiques persistent : stratégies de peur, remise en cause des droits, banalisation d’idées dangereuses.

Face à cela, les réponses restent connues : organisation collective, solidarité, transmission et engagement.

 


Assumer un accès libre à la lecture

Ce travail de mémoire est accessible librement. C’est un choix politique : la connaissance doit circuler.

Ce livre n’est pas une fin. C’est une base.

Il reste encore beaucoup à faire pour compléter cette histoire. Mais une chose est claire, se souvenir ne suffit pas. Il faut poursuivre le combat contre les idées fascisantes, coute que coute. Continuer à faire vivre les valeurs de solidarité, d’inclusivité, de justice et d’émancipation. Continuer à s’organiser. Continuer à lutter même si c’est difficile et même si les résultats ne nous sont pas apparents.

Parce que notre histoire nous y engage.